L’articulation de la hanche unit la tête du fémur à la cavité cotyloïde du bassin. Les surfaces intra-articulaires sont recouvertes de cartilage et le bourrelet cotyoïdien est enroulé sur le pourtour de la cavité cotyloïde à l’intérieur de l’articulation.

Les blessures à la hanche

Une blessure à la hanche peut causer une déchirure du bourrelet cotyoïdien (labrum). Elle donne une douleur dans l’aine chez des patients jeunes dont la forme des os est anormale et cause un conflit (fémoro-acétabulaire). La déchirure du labrum peut être réparée et la malformation osseuse corrigée par une chirurgie.

Attention! Les patients qui présentent une douleur à l’aine sans traumatisme sont rarement améliorés par une arthroscopie de la hanche même si des examens ont montré de la dégénérescence ou une déchirure du labrum.

La bursite (trochantérienne) de la hanche donne une douleur latérale. Chez les jeunes cela cause parfois un snapping. Chez les plus âgés, cela peut être associé à des déchirures dégénératives des tendons fessiers. Il est parfois nécessaire de procéder à une chirurgie pour régler ce problème.

L’arthrose de la hanche

L’arthrose de la hanche est la perte du cartilage articulaire, le plus souvent par vieillissement. La douleur est ressentie dans l’aine et parfois dans la fesse et le genou.

Il n’est pas possible actuellement de régénérer le cartilage. Lorsque l’arthrose rend la hanche trop douloureuse et qu’une chirurgie devient nécessaire, les surfaces de l’articulation sont remplacées par une prothèse totale de la hanche (PTH) composée d’implants de métal, de plastique ou de céramique.

Foire aux questions

Environ 50% des patients opérés estiment avoir une hanche normale suite à leur chirurgie. Environ 45% des patients opérés pour une PTH se disent améliorés sans toutefois avoir la sensation que leur hanche est normale.

Les plaintes les plus fréquentes parmi les gens qui sont satisfaits du résultat de la chirurgie sont un inconfort au niveau de la cicatrice à la pression et un inconfort ou une douleur associée à certains mouvements.

En général, la PTH est implantée chez des gens de 65 ans ou plus qui souffrent d'arthrose sévère car les implants durent environ 20 ans. On espère ainsi éviter de réopérer un jour la hanche pour changer la prothèse.

De plus en plus de patients sont opérés avant l'âge de 65 ans. L'amélioration des matériaux utilisés dans la fabrication des prothèses permet à la majorité de ces patients de mener une vie normale. Toutefois, ces patients acceptent le risque de devoir être opérés à nouveau un jour pour changer leur prothèse. Plus le patient est jeune au moment de la chirurgie, plus la probabilité d'être réopéré est grande. C'est pourquoi certains chirurgiens orthopédistes refusent d'opérer les jeunes patients.

Oui, mais toutes les complications générales associées aux prothèses de la hanche sont augmentées, et il y a des risques plus spécifiques de malposition des implants en raison de l'accès plus difficile à l'articulation, et d'atteinte du nerf sciatique par l'application d'une plus grande force pour luxer la hanche ou par la pression plus grande appliquée aux écarteurs des tissus mous en cours de chirurgie.

C'est pourquoi il est préférable de perdre du poids avant la chirurgie et que certains chirurgiens refusent d'opérer les gens obèses.

Il n'y a pas d'âge limite pour être opéré pour une PTH. Pour être opéré, il faut que l'état de santé général soit assez bon pour que la chirurgie se déroule sans problème médical majeur, et que la fonction prévue après la chirurgie soit assez bonne pour que la personne opérée profite d'une amélioration significative de sa qualité de vie.

Cela est un sujet de controverse entre les chirurgiens.

Lorsque la hanche est opérée par en avant (approche antérieure), il n'y a aucun tendon coupé. La démarche est souvent stable dès les premiers jours et permet une progression rapide de la réadaptation. La chirurgie est plus difficile techniquement, en particulier chez certains patients obèses, de petite taille ou présentant une déformation importante de la hanche.

Lorsque la hanche est opérée par en arrière (approche postérieure), les fibres du muscle grand fessier sont écartées et de petits tendons rotateurs de la hanche sont coupés et réparés à la fin de la chirurgie. La stabilité de la démarche et la progression de la réadaptation est variable au cours des premiers jours. La chirurgie est moins difficile techniquement. Cette approche présente plus de risques de luxation mais avec l'utilisation d'une “grosse” tête fémorale le risque est le même que pour l'approche antérieure.

Peu importe l'approche, il faut que les implants soient en bonne position pour obtenir un bon résultat.

Cela est un sujet de controverse entre les chirurgiens.

Pour plusieurs chirurgiens, les propriétés du plastique irradié (appelé polyéthylène cross-link) utilisé pour la fabrication des cupules acétabulaires justifie l'implantation de ces cupules chez tous les patients. Ces cupules peuvent être utilisées avec une tête fémorale de métal pour créer un couple de frottement métal-polyéthylène (MoP) ou avec une tête de céramique pour créer un couple céramique-polyéthylène (CoP).

Pour les autres, les propriétés de la céramique utilisée pour la fabrication des cupules et des têtes (toujours utilisées en couple céramique-céramique CoC) justifie leur implantation chez les gens jeunes et actifs. Les couples MoP et CoP sont alors réservés aux patients plus âgés et moins actifs.

Oui. Le mouvement de la hanche est essentiel à sa bonne lubrification par le liquide (synovial) produit par la membrane (synoviale) qui tapisse la hanche. Toutefois, les impacts et les torsions peuvent abimer la prothèse et la faire durer moins longtemps.

C'est pourquoi les sports tels que le vélo, la natation et la marche sont encouragés alors que ceux qui impliquent de la course et des sauts sont déconseillés. Pour certains patients, il sera possible de skier, de patiner ou de jouer au tennis.